
Benoîte GROULT, romancière et essayiste, juré du Prix Fémina, est la 1000e pétitionnaire! Après le Prix Nobel Roger Guillemin (#100)...
La cotisation 2010 est obligatoire pour recevoir La Lettre trimestrielle de l'Adamap...
29 SEPTEMBRE 2010: XIIIe Conférence Adamap - "L'HISTOIRE DU SAMU DE PARIS, des catastrophes à la routine", avec J-B Cazalaa, Yves Louville et Marie-Thérèse Cousin.
et vous verrez et entendrez les professeurs Denys Pellerin et Henri Nahum parler histoire et culture à l'AP-HP...
Une collection exceptionnelle : des objets, des meubles, des peintures, des dessins, des documents, voilà le Musée de l'Assistance Publique. Cest toute la mémoire de notre institution, cette institution que nous aimons et qui est notre mère à tous. Ajoutez-y un site prestigieux, dans un hôtel du Grand Siècle, entre cour et jardin, sur les quais de la Seine.
Cette collection est-elle complète? Evidemment pas, aucune collection ne saurait l'être. Vous souvenez vous du masque d'Ombredanne qu'on nous mettait entre les mains lorsque, jeunes externes, nous prenions nos fonctions et que, pour la première fois, nous avions à anesthésier un opéré? Il n'en restait aucun exemplaire. Et l'élève, ce tablier dont la poche marsupiale contenait sthétoscope et marteau à réflexes? Et les yo-yo qui fermaient nos blouses?
C'est d'abord pour enrichir cette collection qu'a été fondée l'Association des Amis du Musée de l'AP-HP (Adamap). C'est aussi pour faire connaître le Musée. Combien, parmi les milliers d'hommes et de femmes qui travaillent dans notre institution, ont visité ses salles? Le grand-public y vient-il? Pourquoi ne pas intéresser les étudiants en médecine, les élèves-infirmières, les étudiants en histoire, en sociologie, en sciences politiques, qui auraient ainsi un panorama de ce qu'a été, au cours de siècles, la place de l'homme malade dans la société, la place de l'hôpital dans la cité?
Pour répondre à ces questions, pour remplir ce programme, l'Association des Amis du Musée de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris fait appel à toutes les bonnes volontés.
Pr. Henri Nahum
Président de l'Association
1er décembre 2003

Déjà six ans ? C'est en 2003 que fut créée l'Adamap, une association d'alors une vingtaine de membres bénévoles désireux d'apporter une preuve d'attachement à la défense et l'illustration de la culture historique de l'AP-HP au travers de son Musée.
Seulement deux fois trois = six ans ? Et avoir accompli une œuvre déjà si considérable qu'avec une soixantaine de membres actifs et en un an, le site Internet de l'Adamap a franchi le cap annuel des 20000 sessions de visiteurs, au delà duquel on deviendrait sérieux aux yeux du Ministère de la Culture en exercice, nous a-t-on dit.
Comment alors ne pas coopter à l'unanimité notre Président-Fondateur de l'Adamap, le Professeur Henri Nahum, au rang de Président d'Honneur ? Lui qui, avec ses belles et souriantes Trois Grâces bureaucratiques, à lui totalement dévouées mais pas nécessairement complaisantes, a su créer, en parfaite harmonie avec ses deux Conseils d'administration successifs et la Directrice du Musée, Anne Nardin, les statuts de l'Adamap, les grandes lignes de son programme culturel annuel maintenant bien rodé et tous ses moyens de communications médiatiques conventionnels et virtuels ? C'est fait! Il a accepté cet honneur et il devient cette première référence physique et morale que toute association à but non lucratif qui se respecte doit symboliquement placer en figure de proue. Il a accès à tout ce que le nouveau Conseil d'Administration et son Bureau entreprendra d'ordinaire ou d'extraordinaire et seule sa disponibilité d'homme actif exemplaire, car par ailleurs surabondamment occupé, serait une limite à son engagement personnel dans les programmes de l'Adamap que celle-ci, bien entendu, ne lui marchandera pas.
L'Adamap est une association d'amis. Tous les amis de nos amis étant nos amis, le nouveau Conseil d'Administration a l'ambition d'en augmenter leurs nombres et le nombre de leurs cercles grâce à la réputation dont elle jouit déjà et qu'elle ne saurait altérer par un endormissement prolongé sur ses jeunes lauriers. Il appartient à nos membres actifs dont on ne peut que louer la fidélité en ces temps difficiles, de faire que leur enthousiasme soit prosélyte et prolifique. Que tous et chacun comprennent bien que notre rôle n'est pas de sécréter d'antagonismes brutaux ou larvés. Nous sommes, d'abord et avant tout, des amis inconditionnels du Musée. Les ennemis du Musée seraient donc nos seuls ennemis potentiels; nous n'en connaissons pas, nous n'imaginons même pas qu'il puisse y en avoir. Et, comme le Musée que nous défendons et illustrons est celui de l'AP-HP, la mère de la plupart de nos membres comme nous le savons, tous les ennemis des ennemis de l'AP-HP, notamment ceux qui voudraient toucher à son Musée, seraient de facto nos amis.
L'APHP traverse une décennie hurlante et rugissante, marquée par une gigantesque crise matérielle et morale qui l'affecte dramatiquement comme elle affecte toutes les structures sociales et politiques de tous les pays de la planète. L'Adamap n'a pas à se mêler de la politique générale de l'AP-HP pas plus que de la complexité de son évolution comptable que le politique lui impose. Elle n'en a ni la mission ni la compétence et elle tient à marquer très clairement les limites de son propre pré carré. L'Adamap est une association à but non lucratif régie par la loi de 1901 dont l'action se limite à la défense et l'illustration du Musée de l'AP-HP, répétons-le à la manière d'Edgar Faure, en toute indépendance dans l'interdépendance, selon une convention morale établie sans ambiguïté entre Henri Nahum et Anne Nardin. Faut-il rappeler que ni la Directrice du Musée ni aucun membre de son équipe officielle peuvent être membres statutaires de l'Adamap ? La présente mandature ne fera que prolonger cette liaison mutuellement précieuse en améliorant la synergie des actions à mener par et pour le Musée. Musée et Adamap s'inspirent, se complètent, agissent de conserve mais ne s'opposent pas au nom de leur Mère.
Toute opération visant à atteindre un objectif réel ou virtuel implique un processus préliminaire de prise de recul. C'est aussi vrai en armement que pour Zidane tirant un penalty. Les stratèges et les tacticiens de la politique et de la finance en sont non moins conscients s'ils veulent se créditer de succès et éviter les déroutes. «Une vie plus trois minutes», comptait Raoul Dufy, pour exécuter illico presto une aquarelle publicitaire pour un parfum tout en présentant une note salée à son commanditaire. Il n'y a pas, à notre connaissance, de grandes - voire de petites - institutions dédiées aux sciences de la Vie et à leurs applications techniques - l'AP-HP en est un meilleur exemple positif que nos trop jeunettes universités - qui n'aient reconstitué leur histoire, recensé leurs patrimoines humains, mobiliers et immobiliers et défini leur culture. Il en va de la solidité de la charpente de leurs dossiers, de la lisibilité de leurs thématiques, de l'évaluation de leurs potentiels présents et futurs, de leur crédibilité dans un univers concurrentiel où il faut juger vite de qui est qui. Contrairement à ce que trop souvent pense un vain peuple français, la mémoire de leur histoire fait partie de la culture des entreprises publiques et privées américaines. Elles y font constamment référence, surtout lorsque l'histoire exalte leurs succès mais aussi quand elles ont dû et su faire face à l'adversité, par exemple Stanford University... guère plus ancienne que feu notre hôpital Boucicaut, Harvard University... contemporaine de... feu l'hôpital Laennec!
Le Musée de l'AP-HP a été créé en 1934 pour conserver les trésors de l'hôpital de la Charité promis à une proche destruction au profit du nouvel hôpital Beaujon à édifier à Clichy. A cette époque, le monde occidental n'était pas remis de la crise exceptionnelle de 1929. C'est dans les périodes de crises graves que l'on pense le plus à conserver l'acquis et préserver la mémoire de l'oubli mortel. L'opulence, non moins cyclique, génère davantage l'insouciance face à une modernité novatrice et créatrice qui générera pourtant nécessairement un jour un reliquaire démodé. On pourrait imaginer que la Confrérie du Tastevin ne fut créée que pour éponger les surbénéfices du trop lucratif commerce des vins de Bourgogne. Ce fut l'inverse. Là encore, il faut évoquer le marasme économique des années 1930 conduisant des vignerons désespérés du Clos-Vougeot au bord de la ruine à jeter les bases d'un culte païen fondé sur l'exaltation d'un luxe précarisé en passe de devenir mythique par sa disparition. Trois-quarts de siècle plus tard, l'avenir a donné raison aux Bourguignons et à Louis Mourier.
L'existence réelle d'un Musée de l'AP-HP ne peut être remise en cause. Il y eut un centenaire puis un cent-cinquantenaire de l'AP. Il y en aura un bicentenaire comme il y eut un bicentenaire de l'Internat en 2002... et comme la Seine continuera de couler autour de l'Île Saint-Louis s'il s'avère que Fluctuat nec mergitur est bien la devise du Paris que l'on aimerait voir perdurer malgré les crues centenaires. L'Adamap n'a pas d'autre prétention que d'être l'un de ces partenaires préservant et conservant le passé contemporain pour préparer le futur culturel glorieux que vivront nos jeunes internes, nos jeunes infirmières, nos jeunes administratifs, etc... commençant leurs carrières en 2010, au service des dizaines de millions de Franciliens qui bénéficieront de leurs soins pendant le siècle en son entier... notamment s'ils naquirent après l'an 2000!